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Ho Chi Minh City
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Marc-antoine Mariette (27 December 2018)
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| De retour d’Ho Chi Minh Ville nous avons chacun écrit un petit texte sur notre voyage, que nous vous laissons découvrir :
« Voyage à Ho Chi Minh City
Ho Chi Minh City, plus connue sous le nom de Saïgon, offre aux visiteurs curieux une vision d’un Vietnam moderne en perpétuel mouvement.
La ville donne l’impression qu’elle ne dort jamais contrairement à Vinh où il est coutume de se coucher tôt.
Durant les 5 jours de voyage, je me suis laissée porter par notre guide Camille qui contrairement à moi s’était renseignée sur la Ville et les endroits à visiter. C’est donc sans attentes particulières et avec aucune connaissance de la ville que j’ai profité de ces quelques jours de vacances.
La modernité de la ville, sa vivacité et son histoire la rende attachante et très agréable même si le bruit de circulation et la chaleur peuvent rapidement devenir fatigantes. »
Sibylle Découflet
« Saïgon est un « grand tourbillon », d’après les mots d’une de mes très chères amies, née dans cette ville. Cette expression représente parfaitement l’impression que m’a laissée celle que l’on appelle également Ho Chi Minh Ville.
C’est épuisée mais avec un brin de tristesse que j’ai quitté la ville hier soir pour une escale d’un jour à Vinh. Je ne sais pas comment décrire la chaleur, le bruit, les odeurs qui sont omniprésentes dans les rues. C’est parfois étonnant, parfois éprouvant, parfois agréable, notamment dans le quartier de Cholon, Chinatown de HCMV.
Je suis toujours impressionnée par les villes autant marquées par l’histoire. Il y a la colonisation française, visible sur beaucoup de façades, de bâtiments et simplement sur le mode de vie. Mais aussi la guerre contre les Etats-Unis ; une visite du musée des vestiges de la guerre a suffi à nous en faire comprendre l’horreur.
La ville est plus cosmopolite que les autres parties du Vietnam que nous avons visitées jusqu’à présent, plus occidentale aussi. Nous avons pu bien en profiter, nous promenant le soir, après un bon repas de Noël à la française. Cependant cette « occidentalisation », certes ancienne, ne profite pas à tous. J’ai été touchée par les inégalités visibles dans la ville et en bordure de celle-ci.
Je n’ai pas oublié mon travail d’aide au développement pendant ces vacances. La découverte de cette ville a initié chez moi une réflexion concernant la réduction des déchets au Vietnam, en commençant par Vinh. J’ai été attristée de voir certaines parties de cette si belle ville gâchée par tant de détritus.
Je vous laisse sur une image qui représente, selon moi, nos quelques jours à Saïgon. La ville de nuit, qui s’étend à perte de vue. Cette image montre à mes yeux l’effervescence et la beauté de cette capitale du Sud. »
Camille This
« Pour la première fois depuis notre arrivée, nous avons pris des vacances. Saïgon - ou Hô Chi Minh Ville - fut notre destination.
Quand nous sommes partis des bureaux de Vinh, j’avais hâte d’arriver : prendre l’avion, louer des chambres dans une auberge, découvrir de nouveaux lieux … Partir à nouveau en somme. Je n’avais aucune idée de ce à quoi m’attendre car j’avais habilement évité toutes images ou récits trop précis de la ville. Je voulais la voir avec mes propres yeux, d’un regard vierge d’a priori comme lorsqu’on rencontre une nouvelle personne. J’étais excitée par le simple fait de ne pas savoir.
Rencontrer Hô Chi Minh ville pour la première fois, c’est comme une claque. Ça vous saute en pleine face et la secousse résonne pendant quelques secondes à l’intérieur de votre crâne. Voitures, scooters, klaxon, cris, rires, musiques, odeurs, lumières tous vos sens s’affolent et vous ne savez plus où donner de la tête. HCM n’aime pas vraiment les formules de politesse toutes faites qui vous permettent, en douceur, d’apprendre à connaître quelqu’un.
Une fois le temps des présentations passé, il faut réussir à l’apprivoiser, au risque parfois d’être un peu maladroit. « Là je peux traverser » « Attends, attends, malgré le fait que les voitures continuent de passer par rangée de trois, sans compter la dizaine de scooters qui s’engouffre à droite ? » « Si tu ne traverses pas maintenant tu vas mourir ici » « Ok je cours alors ». Question circulation, Hanoï n’a rien à lui envier. La ville est parcourue de toutes parts par les voitures. Les scooters, qui sont toujours présents, sont similaires à de petits poissons en banc qui tentent d’éviter les gros mammifères marins tout en cohabitant parfaitement avec eux. Et quand on est piéton, c’est marche ou crève.
HCM est effervescente, comme en perpétuel mouvement, elle semble ne jamais cesser de grandir. Les restaurants sont bondés, les passants nombreux, ça grouille et ça gazouille de partout. Vivant à Ha Tinh, c’est-à-dire la ville où les gens sont couchés à 19 heures, j’étais un peu abasourdie de voir à quel point, malgré le coucher du soleil, HCM continuait de s’animer. Malgré les nombreuses visites de jour que nous fîmes : le parc naturel de la ville et son zoo, la balade en bateau sur le fleuve rouge, le musée du souvenir de la Guerre du Vietnam, pagodes, mosquée, rues, restaurants, parcs etc… C’est la nuit qu’elle révélait son vrai visage. Celui d’une ville qui ne s’arrête jamais, qui aime vivre.
Mais découvrir une ville en partant avec des gens que l’on ne connaît pas encore totalement, c’est aussi faire deux rencontres. J’ai appris à connaître des personnes avec qui je suis heureuse de vivre cette année au Viêt Nam et avec qui il était important de passer Noël. Loin de nos familles respectives, chacun a pu trouver un peu de réconfort dans la présence des autres et ce fût un moment important pour moi. J’ai appris que je ne serai jamais seule, même à 10 000km de chez moi.
Cette ville et ses bruits, ses lumières, ses odeurs, ses gens m’a séduite. Très vite, se déplacer en elle fut simple comme bonjour. Et bien qu’elle soit synonyme d’excitation et d’agitation, elle m’a apaisée. Car c’est bien là tout le paradoxe de HCM, elle est également synonyme de tranquillité. Sa foule m’a avalée, pour me bercer durant quatre jours et ne me recracher qu’une fois assise dans l’avion du retour. Il est facile de se laisser porter, se poser sur un banc et observer les gens qui passent, juste comme ça, pour passer le temps. HCM dans l’anonymat qu’elle nous procure nous permet de nous oublier pour quelques instants et de ne faire plus qu’un avec une ville schizophrène qui arbore tous les visages et tous les noms mais n’en montre toujours qu’un. »
Jade Bourgery
« C’est assez difficile de résumer Ho Chi Minh Ville en peu de mots…
Rien que choisir le nom qu’on lui donne est étonnamment ardu, puisque ses habitants semblent souvent lui préférer son nom historique, plus court et donc plus pratique : Saigon.
Mais qu’il s’agisse de Saigon ou d’Ho Chi Minh Ville, le premier constat reste le même : cette ville est trop grande et trop pleine de vie pour que l’on puisse en faire le tour en 5 jours. Trop grande tout court, d’ailleurs. Si grande et si active que si on la contemple la nuit, depuis un avion, elle est semblable à un ciel d’été, chaque éclairage nocturne, chaque feu de circulation, chaque phare de véhicules en mouvement faisant office d’étoile dans cette jungle urbaine qui s’étend jusqu’à l’horizon.
La démesure de cette ville se ressent aussi à terre, où on ne peut pas lever les yeux sans voir un immeuble trop grand pour ne pas avoir, un peu, le tournis. Heureusement, entre deux titans de béton, je pouvais retrouver terre dans les petits restaurants servant des plats typiques du Vietnam ou en contemplant de plus humbles demeures.
J’ai l’impression d’avoir visité une ville en reconstruction constante mais très attaché à son histoire, ce qui donne des rues tout en reliefs et en contraste, où le traditionnel et le contemporain se rencontrent constamment et où des buildings immenses côtoient des maisons toutes simples et discrètes.
Si je devais ne choisir qu’une visite parmi toute celle que nous avons faite durant notre séjour, j’opterais sans doute pour le musée des vestiges de la guerre. Certes, c’est un lieu un peu dur. On y voit des actes atroces, des corps déformés, détruits, des lieux anéantis, des scènes de tortures… Mais on en sort informé sur une réalité qui explique beaucoup de choses sur le passé et le présent du Vietnam.
On voit comme ce pays a souffert et comme il s’est relevé, et ce n’est pas simplement présenté comme de l’Histoire, avec beaucoup de statistiques et une suite de grands événements marquants, mais comme le quotidien des personnes qui ont vécu cette période. On peut bien sûr s’informer de manière très factuelle dans ce musée mais ce qui m’a le plus touché, c’est de pouvoir mettre un visage humain sur ces événements, aussi dur que cela puisse parfois être.
Il y a une histoire très courte qu’on peut lire dans ce musée, et elle m’a particulièrement touché : un soldat américain voit un vieillard l’implorer de l’épargner. Il décide de lui laisser la vie sauve et le vieil homme s’enfuit. Le soldat n’avance pas, il reste sur place à se demander s’il a pris la bonne décision. Soudain, il entend deux tirs de mitrailleuses… Provenant tous deux de la direction dans laquelle est partie le vieillard.
Ce récit est triste, et le musée est rempli d’histoires similaires mais j’ai surtout tiré de ce lieu un certain espoir : malgré tout ce qu’il a traversé, le Vietnam est toujours là, uni, fort et florissant. Son peuple est accueillant, et ne semble pas entretenir de haine ou de rancœur à l’égard des Etats-Unis. La capacité au pardon des vietnamiens est impressionnante et m’a inspiré beaucoup de respect, comme sa capacité à se relever m’a donné de l’espoir : on peut toujours aller de l’avant. »
Marc-Antoine Mariette
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Réactions
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Tuesday 01 January 2019 - 08:11:49 - M. Bourgain Jacques
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Magnifique 😍
Merci de nous avoir replongés dans cette ville extraordinaire et pleine de vie, dans cette histoire dure mais montrant bien l’âme du Viêtnam dont le peuple est capable se relever si rapidement de toute l’horreur subie.
Merci, Merci
Nos meilleurs vœux pour cette année qui commence et qui ne manquera certainement pas de vous chambouler encore !
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