| Ce lundi, nous avons donné nos tous premiers cours au lycée Phan Boi Chau de Vinh. Les élèves avaient passé un concours national le samedi précédent, ce qui les a beaucoup occupés. Ils étaient assez fatigués, mais souriants malgré tout.
Devant le lycée. Source : http://thcshungchinh.edu.vn
Le cours du matin, avec la classe de 10e (l’équivalent vietnamien de la 2de) fut un peu compliqué. La professeure devant corriger les copies du concours de samedi, j’étais seule devant une classe de trente élèves dont je rencontrais la majorité pour la première fois ! J’avais préparé des exercices pour leur faire travailler l’expression orale selon une méthode que j’avais expérimentée en Allemagne : je leur ai distribué un questionnaire qu’ils devaient remplir en s’interrogeant les uns les autres avec des questions du type « Dans ta classe, trouve une personne qui : a déjà été à l’étranger/a un animal de compagnie/parle une autre langue/a déjà fêté Noel/etc. », mais les consignes n’étaient pas assez claires et le fonctionnement de l’exercice différait trop de ce à quoi ils étaient habitués. De plus, étant enrouée, il m’était difficile de me faire entendre (les fenêtres étant ouvertes et les ventilateurs en marche) et de maintenir l’autorité dans la classe. J’ai donc pris le parti de leur poser des questions en leur faisant lever la main, sur le principe de « Qui n’a jamais été à l’étranger lève la main ! », la négation forçant les élèves à prêter attention à la consigne, car je demandais ensuite des détails a ceux qui ne s’étaient pas manifestés et avaient de fait répondu par l’affirmative (volontairement ou non). C’est un peu tarabiscoté, mais cela m’a permis de faire quelque chose avec ce que j’avais préparé.
L’après-midi, Emma et moi avons retrouvé la classe de 12e (l’équivalent de la Tle), dont une grande partie des élèves devaient préparer le DELF junior B2 ou B1 pour le samedi suivant. Ils enchainaient les examens ! Une fois le plus le professeur devait corriger les copies du weekend précédent, nous laissant seules avec les élèves. Ceux-ci étaient plus loquaces que la classe du matin, et notre présence a toutes les deux a facilité le déroulement du cours. Nous nous sommes tout d’abord présentées et leur avons demandé de faire de même sans préparation, leur posant des questions précises pour les faire parler. Puis nous avons divisé la classe en deux groupe selon que les élèves préparaient ou non l’examen du DELF.
Le groupe d’Emma était plus restreint, ce qui lui a permis de leur faire un cours de conversation, principalement au format question/réponse. Elle posait des questions aux élèves qui, après lui avoir répondu, lui en posaient en retour. Il fallait souvent les pousser à parler et les niveaux étaient très inégaux, certaines élèves ayant déjà le DELF B2 et pouvant s’exprimer avec beaucoup d’aisance, tandis que d’autres cherchaient beaucoup leurs mots et n’arrivaient à construire leurs phrases qu’au prix de grands efforts. Néanmoins, une fois la glace brisée, la conversation devint plus fluide, et cela fut dans l’ensemble une bonne expérience.
Je me suis occupée du groupe des candidats au DELF. La moitié a reçu des exercices types de l’entretien oral de niveau B1 à faire en binôme, pendant que l’autre avait un texte type à préparer pour une présentation. Cela a bien fonctionné : ils étaient familiers de la préparation de texte, et je pouvais passer aiguiller les binômes sur des questions de vocabulaire ou de formulation. Une fois le temps écoulé, ceux qui avaient préparé le texte l’ont présenté aux autres, toujours par deux, et ceux à qui était faite la présentation ont ensuite posé des questions au sujet de celle-ci. Toujours par deux, ils devaient ensuite préparer un dialogue type, qu’ils ont ensuite présenté à la classe. La plupart se sont piqués au jeu, osaient parler et faire rire, et ont même reçu des applaudissements en retour !
Ce que je retiens de cette journée : il faut tester plusieurs types d’exercices pour savoir ce qui fonctionne avec une classe, et avoir un plan de secours plus traditionnel si ce qui était prévu ne fonctionne pas. Les petits groupes sont l’idéal, et Emma et moi essaierons à l’avenir de donner parfois des cours à deux, car cette expérience nous a beaucoup plu. Attribuer des taches différentes au élèves permet aussi de réduire le nombre de ceux qu’il faut superviser : à l’écrit ils sont bien plus concentrés et ne nécessitent pas vraiment de surveillance. Les binômes fonctionnent également, à condition de passer les voir et de leur donner un objectif (comme la présentation devant la classe à l’issue du cours).
Nous enchainerons demain avec la classe de 11e (l’équivalent de la 1e) qui prépare uniquement le B1 pour ce samedi. J’ai hâte de les rencontrer et de continuer d’apprendre à leurs côtés !
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Pour plus d'informations sur le DELF junior
(site du CIEP)
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