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Vietnam pluvieux, Vietnam heureux ?
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Jade Bourgery (05 September 2019)
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La vie d’un volontaire au Vietnam n’est pas toujours simple. Au-delà du grand écart culturel, il doit savoir s’habituer aussi bien à la nourriture, pas toujours digeste, qu’à la météo, pas toujours favorable.
Le temps au Vietnam est régi par deux saisons prédominantes : l’été et l’hiver. L’hiver (entre décembre et mars) le temps est humide, il pleut beaucoup et la température descend facilement en dessous de 15 °C. Bien que n’importe quel français rirait de savoir qu’en dessous de 15 °C, il fait froid, sachez qu’au pays d’Ho Chi Minh, on ne rigole pas avec les températures. 13 °C + 90 % d’humidité = - 8 000 °C ; c’est-à-dire des doigts qui se congèlent sur les scooters, et des vêtements qui ne sèchent jamais. Ajoutez à cela une puissante maîtrise vietnamienne de la non-isolation et vous avez facilement 4 mois de froid de canard laqué.
Lorsque l’été arrive, aux alentours de mai, les températures grimpent à toute vitesse pour atteindre paisiblement les 40, voir 45°C quotidiens. A ce stade-là, oubliez les sorties entre 10h et 15h si vous ne voulez pas cuire au soleil et finir avec le corps d’une écrevisse, appétissante mais un peu cramée. La vie des vietnamiens se déroule essentiellement le matin très tôt (à partir de 5h on peut voir les premiers promeneurs) et se termine vers 20h, en tout cas dans les petites villes. Vivre la nuit est très occidental et à partir de 20h30, les poules et les vietnamiens dorment déjà.
A partir d’août, débute ce qu’on pourrait appeler « la saison des pluies ». Plus précisément, c’est la période où toutes les tempêtes tropicales se donnent la main et décident, accompagnées des typhons, de venir visiter le pays. Ces touristes météorologiques ne sont pas des plus discrets : très vite les rues sont inondées et il pleut 24h/24, 7 j/7. Encore de l’humidité donc. Si vous avez les cheveux qui frisent, partez loin, vite et revenez tard. Pourtant, ces inondations impressionnantes - pour ceux qui ont vécu dans des régions où la pluie existe mais n’est pas non plus, synonyme de bains publiques - ne semblent pas déranger les vietnamiens. Bien qu’on pourrait croire que les infrastructures urbaines soient adaptées à ce genre d’événement, il est très fréquent de naviguer entre des seaux d’eau dans les restaurants où d’éviter les rues impraticables en plein centre-ville.
Après les crues du début du mois d’août qui ont touchées la Province des Hauts Plateaux et du Mékong du Sud, l’Union Européenne a allouée une aide financière pour les victimes des inondations d’un total de 100 000 euros. Actuellement, le pays tente de faire barrage au gouffre financier que représente les catastrophes naturelles : entre 1989 et 2008, elles équivalaient à une moyenne de 1 à 1,5% du PIB. Selon la Banque Mondiale, 70% des vietnamiens seraient exposés aux risques liés aux catastrophes naturelles. Le gouvernement a donc décidé d’adopter de nouvelles mesures pour renforcer sa capacité de gestion de risque de catastrophes au niveau national et régional. Ce plan consiste à dispenser des formations aux communautés pour leur apprendre à préparer et intégrer la gestion de risque de catastrophes à l’échelle des municipalités ; adopter de nouvelles normes d’ingénierie dans la construction des routes et des systèmes d’irrigation ; mettre en place un système de gestion de l’information sur les risques agricoles pour mieux prémunir les agriculteurs contre les sécheresses et inondations ; et développer de nouvelles structures de réduction des risques sur les barrages, réservoirs et ponts d’évacuation.
Après un premier projet pilote financé par la Banque Mondiale sur 12 provinces, cette stratégie nationale prendra fin en 2020 et possèdera un budget de 450 millions de dollars, couvrant 6 000 municipalités et financé par le gouvernement vietnamien.
Alors qui sait, bientôt nous n’aurons plus besoin de passer notre diplôme de nageur-sauveteur pour venir visiter le pays puisque le gouvernement fournira les bouées.
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Réactions
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Sunday 08 September 2019 - 10:10:27 - M. Rubé Alain
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Très bons commentaires sur les ''SAISONS ''et RISQUES D'INONDATIONS
à certaines périodes de l'année comme nous avons pû le constater lors de nos missions ou voyages au VIET NAM...
CAM ÖN JADE pour ton humour autour de ces évènements climatiques ...
CAM ÖN aussi pour vos articles et VIDEOS très riches sur notre site.
TAM BIET à tous!!!!!
ALAIN
RUBE
COMMISSION /COMMUNICATIONS /ANIMATIONS
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Thursday 05 September 2019 - 19:43:11 - M. Bourgain Jacques
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Ce problème est bien connu de CAVN, notamment pour les risques encourus par nos microprojets. Il a fait l'objet d'un travail en profondeur avec l'Union des Femmes (UDF), et quand tu dis "Le gouvernement a donc décidé d’adopter de nouvelles mesures pour renforcer sa capacité de gestion des risques de catastrophes au niveau national et régional. Ce plan consiste à dispenser des formations aux communautés pour leur apprendre à préparer et intégrer la gestion de risque de catastrophes à l’échelle des municipalités ;", on a déjà fait une partie du chemin avec les UDF dans la convention. En effet, elle définit des compléments de formation pour les bénéficiaires et pour l'UdF une mise en place d'une gestion préventive des catastrophes naturelles auxquelles peuvent se trouver confrontées les bénéficiaires des microprojets.
Pour le "diplôme de nageur-sauveteur" des volontaires, tu as raison on ajoutera cela aux conditions de recrutement.
Un grand merci pour ce clin d'oeil décrivant les trois saisons, mais il y a de bon moments quand même ? NON ?
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Thursday 05 September 2019 - 18:41:16 - Mme Vannier Tô nhi
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Très bon article plein d'humour! Bravo Jade, future journaliste en devenir! J'ai bien ri malgré les catastrophes naturelles....
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