La semaine du 16 décembre 2019, nous avons eu la chance d’accueillir au Centre de la Francophonie de Vinh, Gérald Gruhn, dramaturge lozérien traduit en plusieurs langues et romancier, qui était en voyage au Viet Nam pour quelques semaines. Il est intervenu dans plusieurs classes du Lycée public Phan Bội Châu.
Les étudiants ont étudié, pendant les semaines précédant sa venue, sa pièce de théâtre nommée « Ventricules ». Ce texte est un dialogue entre les deux ventricules du cœur qui débattent sur le sens de la vie.
Pour son intervention, ils avaient préparé des questions sur sa vie, son métier d’écrivain, la pièce de théâtre et son voyage au Viet Nam.
Gérald Gruhn nous raconte cette expérience :
« Je suis très heureux d’avoir participé à cette expérience. Par deux fois, j’ai eu l’occasion de présenter mon travail d’écriture aux étudiants. Je me souviens, lorsque j’étais étudiant, les écrivains étaient pour moi de vieux personnages morts, enterrés au Panthéon. Casser cette image est nécessaire pour susciter des vocations. Les auteurs d’aujourd’hui ne sont pas des gens enfermés dans une tour d’ivoire. Au contraire, ils vivent dans le monde d’aujourd’hui ! Ils portent une parole vivante !
Les questions posées par les étudiants étaient très pertinentes. D’abord curieux de connaître plus en profondeur la culture française qu’ils étudient, ils étaient soucieux de savoir comment leur pays était perçu par les étrangers. Ce voyage était pour moi le second en Viet Nam à dix ans d’intervalle, et ce pays émergeant a beaucoup changé. Ouvert sur l’extérieur grâce à un tourisme conséquent, il propose en effet de nombreux sites intéressants. Tout y est facile et on s’y sent en sécurité. Si le français est un peu parlé dans les villes, l’anglais est une langue répandue. Mais grâce aux Centres de la francophonie, la langue française résiste et plutôt bien. Le niveau des élèves que j’ai rencontré est très bon. Mon intervention dans deux classes de 10e, et de 12e (ce qui équivaut à la Seconde et à la Terminale en France) du Lycée Phan Bội Châu m’a permis de juger de la vivacité de la langue de Molières. À la demande d’un troisième professeur, j’ai animé un atelier de théâtre pour une classe de 11e (Première). Les étudiants ne sont pas familiers de ce genre d’intervention. Il faut dire que le groupe de 24 élèves n’était pas très adapté pour un travail très fructueux, il ne laissait pas beaucoup de place à l’expression de chacun. Mais grâce à des exercices collectifs sur la voix et l’expression, la séance s’est très bien passée. Disciplinés et attentifs, les étudiants se sont prêtés au jeu pour, au final, une heure très instructive. Le travail d’associations telles que Côtes-d'Armor-Viet Nam et les encouragements de l’Ambassade de France sont importants pour porter notre belle langue. Curieux de l’autre, friands de nouveauté, travailleurs, les étudiants du cursus bilingue du Lycée Phan Bội Châu m’ont donné l’image d’un pays entreprenant. Puissent ce genre d’expériences se renouveler ! Un étudiant m’a demandé si, de retour en France, j’écrirai sur le Viet Nam. Pour lui prouver sur le champ que l’écriture permet toutes les folies, que les frontières entre réalité et fictions sont poreuses, cet étudiant s’est retrouvé immédiatement propulsé dans mon prochain roman en cours d’écriture. Il lui faudra maintenant attendre que ce travail soit achevé et qu’il trouve un éditeur. Je remercie de tout cœur le Centre de la Francophonie de m’avoir offert la possibilité de rencontrer les étudiants du Lycée Phan Bội Châu. Pour mieux être en prise avec le monde contemporain, les écrivains doivent souvent s’immerger dans le monde, dans le quotidien, ailleurs. Quoi de mieux, pour cela, qu’un pays accueillant avec qui la France a partagé une partie de son histoire ? »
Si vous êtes friands de théâtre et de romans, ou juste curieux de son travail, vous pouvez consulter le site internet de l'auteur : http://www.geraldgruhn.com/
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